La rougeole : épidémiologie, cas suspects et vaccination
Message de santé publique
Dest. : Médecins et personnel infirmier praticien d’Ottawa
Date : Le 28 avril 2025
Exp. : Dre Michelle Foote, médecin adjointe en santé publique
Objet : Mises à jour et rappels concernant la rougeole : épidémiologie, cas suspects et vaccination
Chers collègues,
L’éclosion de rougeole se poursuit dans certaines régions de l’Ontario. Cette alerte fournit une mise à jour sur l’épidémiologie actuelle de l’éclosion, un aperçu des mesures à prendre si vous soupçonnez un cas de rougeole chez un patient et un résumé des recommandations provinciales en matière de vaccination.
Épidémiologie de l’éclosion multijuridictionnelle :
L’activité de la rougeole se poursuit dans certaines régions de l’Ontario dans le cadre de l’éclosion multijuridictionnelle. Santé publique Ontario (SPO) publie chaque semaine un résumé épidémiologique détaillé sur la rougeole en Ontario.
En 2025 (en date du 23 avril), un total de 1,018 cas de rougeole (908 confirmés, 110 probables) ont été signalés en Ontario. Parmi ces cas, tous sauf 35 ont été liés à l’éclosion multijuridictionnelle en cours. Neuf cas avaient des antécédents de voyage (c.-à-d. rougeole contractée à l’extérieur du Canada) et un cas était lié sur le plan épidémiologique à un visiteur en Ontario; pour 25 cas, la source d’exposition n’a pas encore été signalée.
L’augmentation hebdomadaire du nombre de cas a fluctué autour de 100 au cours des dernières semaines, en raison de l’exposition continue et de la transmission entre les personnes non immunisées. Le plus grand nombre de cas a été recensé dans le Sud-Ouest de l’Ontario, certaines zones localisées du Sud-Est et du Nord-Est de la province étant également touchées.
La majorité des cas associés à cette éclosion concernaient des nourrissons, des enfants et des adolescents (75 %), dont 95 % n’étaient pas immunisés. À ce jour, 76 personnes ont dû être hospitalisées. En date du 28 avril, aucun cas de rougeole n’a été confirmé parmi les résidents d’Ottawa. SPO tient à jour une liste intitulée Expositions à la rougeole en Ontario, qui est mise à jour tous les mardis et vendredis afin d’y inclure les expositions mentionnées dans les avis publics émis par les bureaux de santé publique.
Si l’on soupçonne qu’un patient est atteint de la rougeole :
1. Fournissez un masque médical au patient et installez-le dans une chambre à pression négative.
- En l’absence d’une chambre à pression négative, placez le patient dans une chambre à patient unique avec la porte fermée. La porte doit rester fermée, et la pièce ne doit pas être utilisée pendant 2 heures après le départ du patient.
2. Prélevez des échantillons pour des tests URGENTS :
- Écouvillon nasopharyngé ou pharyngé, ET analyse d’urine pour dépistage de la rougeole par PCR
- Une sérologie diagnostique (détection des IgM et IgG rougeoleux) peut être envisagée, mais n’est pas obligatoire. Le prélèvement d’échantillons pour le test PCR est l’élément le plus important pour diagnostiquer la rougeole.
3. Contactez immédiatement Santé publique d’Ottawa pour signaler le cas soupçonné :
- Veuillez aviser SPO au 613 580-2424, poste 24224, du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 30, ou composer le 3-1-1 en dehors des heures d’ouverture et demander à parler au gestionnaire de Santé publique de service.
- Le signalement d’un cas soupçonné de rougeole ne devrait pas être retardé pendant l’attente des résultats de laboratoire.
4. Demandez au patient de rester isolé à domicile en attendant les résultats.
La rougeole se manifeste généralement par de la fièvre suivie d’une éruption maculopapuleuse qui commence sur le visage. Les symptômes prodromiques peuvent inclure une toux, une conjonctivite, un coryza et éventuellement des taches de Koplik (petites taches blanches à l’intérieur de la bouche et de la gorge). L’éruption maculopapuleuse caractéristique apparaît d’abord sur le visage, puis s’étend au reste du corps, généralement trois à sept jours après l’apparition des premiers symptômes.
Contrairement à la pratique antérieure, les fournisseurs ne sont plus tenus de consulter un spécialiste des maladies infectieuses avant d’envoyer les tests de dépistage de la rougeole (prélèvement dans la gorge/nasopharynx et urine) depuis leur cabinet. Les patients chez qui l’on soupçonne la rougeole ne doivent pas être dirigés vers les services d’urgence d’un hôpital ou vers un laboratoire hospitalier pour subir des tests de dépistage de la rougeole, y compris des tests sérologiques. L’équipe des maladies infectieuses de CHEO est disponible pour les patients pédiatriques nécessitant une évaluation clinique (et non un simple test) et pour déterminer si un test est indiqué dans les cas plus complexes où les antécédents d’exposition et/ou les signes et symptômes ne permettent pas de trancher clairement. Les fournisseurs qui souhaitent consulter l’équipe des maladies infectieuses de CHEO doivent appeler le 613 737-7600, poste 0 et demander le médecin de garde des maladies infectieuses. Afin de minimiser l’exposition, veuillez NE PAS envoyer un enfant que vous soupçonnez d’avoir la rougeole dans un établissement de santé sans notification préalable.
Veuillez consulter l’alerte de santé publique publiée par SPO le 12 février, intitulée Mise à jour et ressources sur la rougeole pour les fournisseurs de soins de santé, pour obtenir plus de détails et des ressources supplémentaires sur la présentation clinique, l’évaluation, le dépistage et la prise en charge des personnes soupçonnées d’avoir contracté la rougeole. Vous pouvez également consulter le site Web de SPO sur la rougeole à l’intention des professionnels de la santé, qui est en cours de révision afin de tenir compte de l’éclosion en cours.
Vaccination contre la rougeole
Les vaccins contenant le virus de la rougeole (ROR ou RORV) font partie du calendrier de vaccination systématique de l’Ontario. Deux doses offrent un niveau de protection très élevé et l’immunité est généralement acquise à vie.
- Le Calendrier de vaccination systématique de l’Ontario recommande l’administration de deux doses d’un vaccin contenant le virus de la rougeole aux enfants, à au moins 28 jours d’intervalle, après l’âge de 12 mois, puis entre quatre et six ans.
- Dans la mesure du possible, la deuxième dose de vaccin contenant le virus de la rougeole (ROR) doit être administrée plus près de l’âge de quatre ans que de l’âge de six ans.
Les critères d’admissibilité des sujets à risque élevé (tableau 3 des Calendriers de vaccination financée par le secteur public en Ontario) sont les suivants :
- Si un enfant voyage dans des régions où la rougeole circule, une première dose de vaccin ROR peut être administrée dès l’âge de six mois. Cependant, deux doses supplémentaires d’un vaccin contenant le virus de la rougeole doivent être administrées à au moins 28 jours d’intervalle après l’âge de 12 mois afin d’assurer une immunité durable contre la rougeole.
- Si un enfant voyage dans des régions où la rougeole circule, envisagez de lui administrer une deuxième dose de vaccin contre la rougeole avant l’âge de quatre à six ans. Le vaccin ROR doit être administré si la dose est donnée avant l’âge de quatre ans. L’enfant devra recevoir le vaccin contre la varicelle à l’âge de quatre ans.
- Idéalement, administrez le vaccin contre la rougeole au moins deux semaines avant le départ. Un intervalle minimum de 28 jours est requis entre les deux doses.
La priorité pour la vaccination contre la rougeole continue d’être accordée aux enfants de 12 mois qui reçoivent leur première dose, puis à ceux de quatre à six ans qui reçoivent la deuxième dose.
- La vaccination contre la rougeole doit être guidée par les registres des doses précédentes de vaccins contenant le virus de la rougeole. Conformément au Guide canadien d’immunisation, si les dossiers de vaccination d’un patient ne sont pas disponibles, il n’est PAS recommandé de demander une sérologie pour déterminer son statut immunitaire. Il est plus prudent de supposer que la personne n’a pas reçu le vaccin et de procéder à la vaccination avec un vaccin contenant le virus de la rougeole. (Remarque : certains groupes professionnels spécifiques, tels que les professionnels de santé, peuvent être soumis à un test sérologique dans le cadre de leur emploi).